Les Puces de l'Illu, édition 2020.

! ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ! Les Puces de l’Illu #8 se tiendront les 5 & 6 décembre 2020 ! ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ !
#PUCESILLU2020
Le festival de l’illustration contemporaine

Le Campus Fonderie de l’Image organise la 8e édition des Puces de l’Illu, festival d’illustration contemporaine mettant en avant la diversité des pratiques du dessin, de l’impression et de l’édition. L’événement est reconduit dans le respect des règles sanitaires. Cette édition fera l’objet de mesures particulières et d’un nouveau dispositif d’exposition et de visite pour assurer l’accueil, en toute sécurité, du public et des exposants.

L’événement comprendra :
– un parcours visite sous forme d’exposition réunissant les pratiques d’une cinquantaine de professionnels ;
– un parcours rencontre présentant les pratiques d’une dizaine d’illustrateurs présents bénéficiant d’un stand ;
– une version en ligne de l’événement, afin que chacun et chacune puisse en profiter, même de chez soi

LE SALON & L’EXPOSITION au Campus Fonderie de l’Image
Samedi 5 décembre 2020 de 10h à 19h ♥ Dimanche 6 décembre 2020 de 10h à 18h
Au programme : rencontres et échanges entre les créateurs et le public ainsi que les étudiant-es du Campus Fonderie de l’Image, vente de prints, objets graphiques…

Dessins en lutte

En 2015 au moment de publier les premiers titres de la collection féministe Sorcières, j’avais très envie d’avoir recours à des illustratrices pour réaliser les couvertures des livres. La collection se voulait un espace éditorial consacré à des textes féministes rédigés par des femmes et/ou des personnes trans, mais désirait aussi mener la démarche jusqu’au bout en travaillant presque exclusivement avec des femmes et des personnes trans pour les préfaces, les traductions et les illustrations. Il s’agissait de faire du livre le lieu de rencontre de plusieurs voix, qu’elles soient portées par le texte ou par l’image. Cet intérêt pour l’image en général, le graphisme et l’illustration en particulier, s’inscrit plus largement dans l’identité des éditions Cambourakis qui publie de la bande dessinée, des albums jeunesse et de la littérature. Les couvertures très graphiques des romans publiés et la part importante de la BD dans l’identité de la maison d’édition ont sans doute influencé la politique visuelle de la collection Sorcières. Car il s’agit réellement d’une politique de l’image, une volonté forte de faire circuler dans les librairies, les bibliothèques, les réseaux sociaux, de main en main,de regard en regard, non seulement des textes féministes produits dans les marges culturelles mais aussi le travail d’illustration de femmes et de personnes trans. Donner à lire et donner à voir…

La collection, en choisissant de féminiser les textes, en travaillant avec des illustratices/teurs se veut aussi espace d’interpellation ; certains milieux, comme celui de la bande dessinée, peinent à sortir de l’exclusivité masculine, tandis que dans d’autres comme le design et l’illustration, si les femmes semblent être majoritaires, elles n’en restent pas moins soumises aux diverses discriminations. Quant aux stéréotypes, ils continuent à prospérer dans des univers graphiques souvent aveugles aux questions égalitaires, et reproduisant des représentations, une pensée et un imaginaire normatifs en termes d’identité de genre, de sexualité, de couleur de peau, etc.

La conscience de ces discriminations d’une part, la volonté d’y remédier et de visibiliser le travail et les oeuvres graphiques des minorités d’autre part, devraient être les boussoles des éditeurs/trices, magazines papiers et Web… afin que certaines pratiques (féminisation, politique inclusive et de visibilisation) ne soient pas réservées à des collections engagées mais deviennent courantes. Des illustratices/teurs trament les nouvelles images dont nous avons besoin pour changer les représentations, faisons en sorte de les faire circuler !

Isabelle Cambourakis,
Directrice de la collection Sorcières aux éditions Cambourakis
Paris, 14 novembre 2016

Le dessin en veine

En marge des foires d’art contemporain, les salons consacrés au dessin prolifèrent et font salle comble. Depuis plusieurs années déjà, les acteurs de la communication retrouvent les valeurs de ce médium, propice à l’expression de la singularité et de l’authenticité. Depuis ses origines et au fil de son histoire, le mot illustration s’est chargé et confondu avec les notions de dessin et de représentation. Il convient de resituer les caractéristiques qui lui sont propres. Organisées et accueillies par le Campus Fonderie de l’image, école de design graphique et de multimédia, Les Puces de l’Illustration sont l’occasion de réaffirmer le lien précieux qu’entretient ce champ d’expression avec la commande, dans sa relation avec un texte, une idée, une vocation extérieure à lui-même.

L’illustration n’est jamais en errance. Elle est intentionnelle, guidée par une fonction précise ou une complémentarité prédéfinie. Si nombre d’illustrateurs formés dans des écoles d’Art décoratifs, de communication ou d’art et de design laissent fleurir une production personnelle dégagée de toute contrainte, celle-ci entretient la vitalité et le renouvellement de leur pratique. A contrario, de jeunes diplômés des Beaux Arts trouvent dans la commande et dans la relation à l’autre une motivation ou un glissement d’expérience qui leur est bénéfique.

Au-delà de ces divergences, le tracé, la marque du geste et donc l’empreinte du corps semblent guider les pratiques. Il en va de la dextérité – comme tendent à le montrer les production aux crayonnés raffinés de Fanny Casau, Sarah Abadidabou ou Violaine et Jérémy – mais aussi de moyens d’impression. La risographie, la gravure et la sérigraphie sont particulièrement représentées, dans cette troisième édition des Puces de l’illustration. Le partage de ces outils de production incite au collectif.

Les ateliers d’illustrateurs sont des lieux de mutualisation des ressources, des savoirs et ils offrent à chacun l’opportunité d’accroitre sa visibilité. Participant encore à l’éclat de la discipline, les revues et les éditions qui accordent une large place au dessin sont également à l’honneur avec la présence de l’Agrume, la revue Pan et Correspondances. Ici, aux Puces, l’illustration se chine, se mélange et s’ouvre à tous publics ; et si, elle garde le dessin en veine, elle se montre encore ! un peu plus comme un objet de dialogue.

Caroline Bouige,
Co-rédactrice en chef d’étapes: magazine,
Paris, 14 octobre 2015

Connivences

Vers les années 1830, quand l’art de l’estampe put enfin s’associer à la typographie, par le biais notamment de la technique lithographique, le graphisme prit son essor et l’illustration s’épanouit. La lettre romantique a fait florès tandis que le dessin a accédé à un statut singulier grâce aux créations de Daumier, Grandville, Tony Johannot et plus tard de Gustave Doré. Lesquels se sont attachés également à jouer avec l’image des mots, et l’Abécédaire de Daumier est entré dans l’Histoire.

En France, la connivence entre le graphisme et l’illustration n’a cessé depuis de se renforcer. Lautrec et les Nabis concevaient leurs affiches comme des estampes et inversement; puis les photomonteurs constructivistes offrirent une nouvelle vision de la photographie autant que de l’illustration.

Dans les années 1950, Pierre Faucheux pour les besoins des clubs de livre théorisa le principe de l’iconographie symbolique, qu’il pensait pouvoir substituer à l’illustration traditionnelle, mais qui s’avéra une autre riche source pour l’illustration elle-même.

Dans les années 1960, de grands illustrateurs comme André François ou Roland Topor livrèrent des affiches ou des couvertures de livres renouvelant complètement le genre, cependant que Roman Cieslewicz mettait en pages des dossiers de Elle en les ornant de ses propres dessins. Les journaux de l’Underground émaillaient leurs formules de dessins de Crumb, qui ne réclamait aucun droit et se revendiquait de ses illustres ancêtres : Daumier et Doré.

En 1995, la revue Signes publiait un numéro exceptionnel consacré à «la jeune création graphique en France», où l’on découvrait aussi bien Placid que le studio M/M, les recherches typographiques de Pierre Di Sciullo que les sérigraphies du Dernier cri. En somme que des «Puces de l’Illustration» s’installent dans ce haut lieu des «puces de la typographie» qu’est devenu le Campus Fonderie de l’Image n’est qu’un juste retour des choses.

Michel Wlassikoff,
Historien du graphisme et de la typographie.

Solitude et accompagnement

Cette annonce n’étonnera personne : depuis quelques temps, souvent, la photo se trouve remplacée par une illustration. C’est tendance, ça valorise un contenu, et c’est aussi économique. Faire appel à un illustrateur ou un graphiste peut s’avérer être une opération intéressante, et moins chère. Galvanisé par la demande, gagnant peu à peu du terrain, l’illustrateur, dessinateur ou encore graphiste voit alors son champ d’action s’élargir : animation, print, presse, édition, fresques, packaging, textile… L’image dessinée, au cœur d’un processus de production, séduit.

Aux sorties d’écoles, ils et elles sont chaque jour plus nombreux.ses, une jeune génération prometteuse, nourrissant un univers florissant, au parcours pourtant semé d’embûches. Il faudra savoir rester sourd aux chants des sirènes des débuts, intégrer des codes, une bonne conduite, qu’il faudra parfois apprendre seul.e. Savoir s’entourer, se détourner, être au four et au moulin, choyer son espace de création personnelle, celui qui résiste aux sollicitations extérieures, afin d’élaborer son style. Tout en sachant faire des digressions. Etre docile et conciliant.e, mais ne rien lâcher, connaître sa valeur quand on vous témoigne le contraire. Épouser le marché tout en sachant garder son intégrité, sans ployer sous le poids d’une tendance. Marquer les esprits mais apprendre à ne pas vampiriser l’espace public, déjà surchargé. Etre là sans en avoir l’air. Un entrepreneuriat de soi-même donc, tout un programme… Alors pour s’en sortir, il y a ceux et celles qui sont rattaché.es à une bergerie, et ceux qui avancent seul.es, ou presque. Puisqu’il faut se regrouper, toujours. En collectif, dans un atelier, une maison d’édition, lors d’un festival, d’un salon, en intégrant une agence. S’entourer, pas comme une fuite, mais comme une course vers l’idéal.

Le milieu s’articule autour de garde-fous, à la fois protecteurs et diffuseurs : agents, mécènes, galeristes, professeurs et public ; chacun.e à sa manière, pour connaître, enseigner, encadrer puis soutenir. Comprendre les idées, les différentes techniques, les processus, les origines, les heures passées. Cette industrie créative doit aussi faire face aux pièges d’une culture mainstream (la déferlante du vectoriel, l’épuisement d’un même thème, où Instagram joue un rôle majeur de vulgarisation, à la fois source d’inspiration intarissable et tentation du plagiat), sans oublier ses courants plus confidentiels dans le milieu du fanzinat et de la micro/auto-édition. Bien qu’ils ne concourent pas tous pour la même fin, les contraintes techniques et réalités financières, le processus de création, les délais et les droits sont les mêmes pour tous ces créateurs. Des missions que le Campus de la Fonderie place au cœur de ses actions, avec des évènements dédiés aux arts visuels et aux métiers créatifs qui leurs sont liés qui mettent en lumière la pluralité des styles et des pratiques et favorisent les rencontres, le partage d’expériences, afin de se rassurer et s’entraider.

Malina Cimino
Agent d’illustrateurs.
Paris, 15 novembre 2019

organisateur.

  • Le Campus Fonderie de l’Image, l’école du design graphique et numérique en alternance et à temps plein, depuis 31 ans.

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