Les Puces de l'Illustration 2016.

Cette année encore au Campus Fonderie de l’Image, nous accueillons des professionnel-les pour les Puces de l’Illu #4, le marché de l’illustration contemporaine. Illustrateurs, illustratrices, éditeurs, éditrices, galeristes et libraires indépendants viendront vous présenter leurs œuvres samedi 10 et dimanche 11 décembre 2016 de 10h à 19h. Ces deux journées de rencontre sont l’occasion de mettre en valeur le design graphique , l’illustration sous tous ses formats et sa production artisanale et numérique.

Les Puces de l’Illu seront inaugurées par un colloque à destination des étudiant-es le jeudi 24 novembre sur la parité dans la création visuelle intitulé 93 % meufs, 100 % illustration, Parité, nf : égalité entre illustratrices et illustrateurs mettant en lumière les question des solidarités et des discriminations de genre.

Amateurs-trices, passionné-es, engagé-es ne manquez pas ces journées riches en découvertes graphiques !

L’équipe du Campus.

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Illustration originale de Jessica Coifman et Cyrille Micallef,
étudiant-es du Mastère international en Design graphique

Dessins en lutte

En 2015 au moment de publier les premiers titres de la collection féministe Sorcières, j’avais très envie d’avoir recours à des illustratrices pour réaliser les couvertures des livres. La collection se voulait un espace éditorial consacré à des textes féministes rédigés par des femmes et/ou des personnes trans, mais désirait aussi mener la démarche jusqu’au bout en travaillant presque exclusivement avec des femmes et des personnes trans pour les préfaces, les traductions et les illustrations. Il s’agissait de faire du livre le lieu de rencontre de plusieurs voix, qu’elles soient portées par le texte ou par l’image. Cet intérêt pour l’image en général, le graphisme et l’illustration en particulier, s’inscrit plus largement dans l’identité des éditions Cambourakis qui publie de la bande dessinée, des albums jeunesse et de la littérature. Les couvertures très graphiques des romans publiés et la part importante de la BD dans l’identité de la maison d’édition ont sans doute influencé la politique visuelle de la collection Sorcières. Car il s’agit réellement d’une politique de l’image, une volonté forte de faire circuler dans les librairies, les bibliothèques, les réseaux sociaux, de main en main,de regard en regard, non seulement des textes féministes produits dans les marges culturelles mais aussi le travail d’illustration de femmes et de personnes trans. Donner à lire et donner à voir…

La collection, en choisissant de féminiser les textes, en travaillant avec des illustratices/teurs se veut aussi espace d’interpellation ; certains milieux, comme celui de la bande dessinée, peinent à sortir de l’exclusivité masculine, tandis que dans d’autres comme le design et l’illustration, si les femmes semblent être majoritaires, elles n’en restent pas moins soumises aux diverses discriminations. Quant aux stéréotypes, ils continuent à prospérer dans des univers graphiques souvent aveugles aux questions égalitaires, et reproduisant des représentations, une pensée et un imaginaire normatifs en termes d’identité de genre, de sexualité, de couleur de peau, etc.

La conscience de ces discriminations d’une part, la volonté d’y remédier et de visibiliser le travail et les oeuvres graphiques des minorités d’autre part, devraient être les boussoles des éditeurs/trices, magazines papiers et Web… afin que certaines pratiques (féminisation, politique inclusive et de visibilisation) ne soient pas réservées à des collections engagées mais deviennent courantes. Des illustratices/teurs trament les nouvelles images dont nous avons besoin pour changer les représentations, faisons en sorte de les faire circuler !

Isabelle Cambourakis,
Directrice de la collection Sorcières aux éditions Cambourakis
Paris, 14 novembre 2016

Le dessin en veine

En marge des foires d’art contemporain, les salons consacrés au dessin prolifèrent et font salle comble. Depuis plusieurs années déjà, les acteurs de la communication retrouvent les valeurs de ce médium, propice à l’expression de la singularité et de l’authenticité. Depuis ses origines et au fil de son histoire, le mot illustration s’est chargé et confondu avec les notions de dessin et de représentation. Il convient de resituer les caractéristiques qui lui sont propres. Organisées et accueillies par le Campus Fonderie de l’image, école de design graphique et de multimédia, Les Puces de l’Illustration sont l’occasion de réaffirmer le lien précieux qu’entretient ce champ d’expression avec la commande, dans sa relation avec un texte, une idée, une vocation extérieure à lui-même.

L’illustration n’est jamais en errance. Elle est intentionnelle, guidée par une fonction précise ou une complémentarité prédéfinie. Si nombre d’illustrateurs formés dans des écoles d’Art décoratifs, de communication ou d’art et de design laissent fleurir une production personnelle dégagée de toute contrainte, celle-ci entretient la vitalité et le renouvellement de leur pratique. A contrario, de jeunes diplômés des Beaux Arts trouvent dans la commande et dans la relation à l’autre une motivation ou un glissement d’expérience qui leur est bénéfique.

Au-delà de ces divergences, le tracé, la marque du geste et donc l’empreinte du corps semblent guider les pratiques. Il en va de la dextérité – comme tendent à le montrer les production aux crayonnés raffinés de Fanny Casau, Sarah Abadidabou ou Violaine et Jérémy – mais aussi de moyens d’impression. La risographie, la gravure et la sérigraphie sont particulièrement représentées, dans cette troisième édition des Puces de l’illustration. Le partage de ces outils de production incite au collectif.

Les ateliers d’illustrateurs sont des lieux de mutualisation des ressources, des savoirs et ils offrent à chacun l’opportunité d’accroitre sa visibilité. Participant encore à l’éclat de la discipline, les revues et les éditions qui accordent une large place au dessin sont également à l’honneur avec la présence de l’Agrume, la revue Pan et Correspondances. Ici, aux Puces, l’illustration se chine, se mélange et s’ouvre à tous publics ; et si, elle garde le dessin en veine, elle se montre encore ! un peu plus comme un objet de dialogue.

Caroline Bouige,
Co-rédactrice en chef d’étapes : magazine,
Paris, 14 octobre 2015.

Connivences

Vers les années 1830, quand l’art de l’estampe put enfin s’associer à la typographie, par le biais notamment de la technique lithographique, le graphisme prit son essor et l’illustration s’épanouit. La lettre romantique a fait florès tandis que le dessin a accédé à un statut singulier grâce aux créations de Daumier, Grandville, Tony Johannot et plus tard de Gustave Doré. Lesquels se sont attachés également à jouer avec l’image des mots, et l’Abécédaire de Daumier est entré dans l’Histoire.

En France, la connivence entre le graphisme et l’illustration n’a cessé depuis de se renforcer. Lautrec et les Nabis concevaient leurs affiches comme des estampes et inversement; puis les photomonteurs constructivistes offrirent une nouvelle vision de la photographie autant que de l’illustration.

Dans les années 1950, Pierre Faucheux pour les besoins des clubs de livre théorisa le principe de l’iconographie symbolique, qu’il pensait pouvoir substituer à l’illustration traditionnelle, mais qui s’avéra une autre riche source pour l’illustration elle-même.

Dans les années 1960, de grands illustrateurs comme André François ou Roland Topor livrèrent des affiches ou des couvertures de livres renouvelant complètement le genre, cependant que Roman Cieslewicz mettait en pages des dossiers de Elle en les ornant de ses propres dessins. Les journaux de l’Underground émaillaient leurs formules de dessins de Crumb, qui ne réclamait aucun droit et se revendiquait de ses illustres ancêtres : Daumier et Doré.

En 1995, la revue Signes publiait un numéro exceptionnel consacré à «la jeune création graphique en France», où l’on découvrait aussi bien Placid que le studio M/M, les recherches typographiques de Pierre Di Sciullo que les sérigraphies du Dernier cri. En somme que des «Puces de l’Illustration» s’installent dans ce haut lieu des «puces de la typographie» qu’est devenu le Campus Fonderie de l’Image n’est qu’un juste retour des choses.

Michel Wlassikoff,
Historien du graphisme et de la typographie.

Exposant-e-s.

476

Atelier Bingo

Sophie Lécuyer

Comment?

3 fois par jour

Victoria Roussel

Editions 2024

Lök zine

Bien Monsieur

Chloé Mickham

Citrus & L’Agrume

Dans le ciel tout va bien

Amélie Fontaine

Duch

Dugudus

Eva le Roi

Fanny Demarais

G&Sans alias Girolamo Giannatempo

Hueco

Laho

L’Italiano illustratore

Print Van Paris

Steev&Jan

Steffie Brocoli

Stéréo Buro

Thibaut Gleize

Titeepex

Zuper

Studio Pépouze

Maïc Batmane

Nancy Guerrero

Nicolas Oules

STC019

Miracle

Joakim Drescher

Sofia Drescher

Jérémy Piningre

Teresa Cabanillas

Atelier CO-OP

Dalas

Presto éditions

Animal Press

Editions Cambourakis

ICINORI

Organisateur.

  • Le Campus Fonderie de l’Image forme aux métiers de la communication visuelle et du multimédia. C’est un lieu d’échanges et de savoirs, une entité vivante, ouverte et créative.          

Partenaires.

  • étapes: le magazine international du graphisme, du design, de l’image et de la création.

    Le Centre national des arts plastiques est engagé dans la création contemporaine.

    Partenaire des Puces de l’Illustration, la Mairie de Bagnolet valorise les actions culturelles de son territoire.

    Fedrigoni, un des premiers fabricants de papiers spéciaux en Europe, s’attache depuis ses origines à fabriquer et distribuer des papiers de création.

    Le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, premier du genre en Europe, présente, depuis plus de trente ans, un panorama complet de la production éditoriale jeunesse proposé par près de quatre cent vingt exposants.

Contact

  • Campus Fonderie de l'Image
    01 55 82 41 41
    83 avenue Gallieni
    93170 Bagnolet
    M° Gallieni (ligne 3)
  • pucesillu@campusfonderie
    delimage.org
    N'hésitez pas à nous contacter.

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